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YVES LAPLACE

Écrivain passionné d’histoire et de théâtre, critique littéraire et chroniqueur, photographe et arbitre de football à ses heures, Yves Laplace vit à Genève, où il est né en 1958. 

Il est l’auteur d’une dizaine de pièces, créées en France et en Suisse, dans des mises en scène d’Hervé Loichemol – de Sarcasme au Petit-Odéon (en 1984) à Candide, théâtre au Théâtre de Carouge et au Nouveau Théâtre de Montreuil (en 2008-2009). 

À dix-neuf ans, il publie ses deux premiers romans, Le Garrot et Lahore, chez Jean-Claude Lattès.

Dès 1984, ses principaux ouvrages paraissent aux Éditions du Seuil, puis chez Stock : Un homme exemplaire, Mes chers enfants, Fils de perdition, On, La Réfutation, Considérations salutaires sur le désastre de Srebrenica, L’Inséminateur, Les Hautes œuvres, Un mur cache la guerre, L’Original et Butin. 

En 2015 paraît chez Fayard son roman Plaine des héros, consacré au fasciste genevois Georges Oltramare et à son entourage familial, qui obtient le Prix Alice-Rivaz et le Prix suisse de littérature. Réédition en poche aux Éditions d’en bas (préface de Pierre Assouline). 

Son dernier récit, L’Exécrable, est paru chez Fayard en 2020.

Tous ses textes donnent la parole à des irréguliers : enfants perdus, fous, visionnaires, martyrs, assassins, persécuteurs et fanatiques – parfois réels, tels Oltramare et Montandon. Leurs divagations traduisent le fracas, l’horreur et la beauté du monde. 

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L'EXECRABLE, Fayard, janvier 2021

Montandon s’imaginait à l’abri. Il n’a pas entendu venir le commando des justiciers, qui avaient distrait ses gardiens (déjà sur le départ, la déroute allemande dans Paris s’annonçant) comme on peut facilement distraire des chiens de garde. Étaient-ils trois ou quatre ? Étaient-ils une dizaine ? Montandon a-t-il entendu hurler Maria au rez-de-chaussée ? A-t-il entendu la décharge de mitrailleuse ? Dormait-il, à l'étage supérieur, alors qu’il se trouvait alité, malade du cancer – comme s'il était déjà passé de l’autre côté...
Il conservait un revolver à portée de main. Lorsque le commando entre dans la chambre, George Montandon ouvre le feu, de même que le fera son émule Mohammed Merah face au commando du RAID, le 22 mars 2012, dans la chambre de son appartement du quartier de la Côte Pavée, à Toulouse. »

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PLAINE DES HÉROS, Éditions d'en bas-poche 

Yves Laplace consacre Plaine des héros à Georges Oltramare, dit «le beau Géo» dans les années 1930.

Se jouant des frontières entre fiction et réalité, ce livre donne à entendre les souvenirs du neveu et fils de cœur d’Oltramare, Grégoire Dunant – dont le père véritable, le compositeur polonais Casimir Oberfeld, fut déporté à Auschwitz.

Ces trois destins sont relatés dans le tourbillon d’un voyage en Russie.

«Drôle de zig, Oltramare le matamore, qui doit son nom d’outre-mer aux origines génoises de sa famille. Celui qu’on appelle aussi «le petit Duce de Genève» se radicalise. L’argent ne vient plus de Rome mais de Berlin. Sous l’Occupation, il tient une chronique patriotique à Radio-Paris sous le pseudonyme de Charles Dieudonné...

Scindé en deux parties, la première sur le ton d’un opéra bouffe, la seconde à la manière d’une enquête sur les traces d’un disparu, et les deux s’articulant, le tout est mi-sérieux mi-délirant, plein d’humour. En réalité, ce tableau d’époque est, par son projet, si original, qu’on peut y lire en creux une exploration sans pareil de l’âme de la non-Suisse. Un pays, que dis-je, un monde, une âme, vu par Grégoire Dunant, neveu d’Oltramare, qui a passé son enfance et son adolescence dans son ombre portée.» Pierre Assouline (préface)