DE CAUNES Blandine

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©Astrid di Crollalanza

BLANDINE DE CAUNES
Blandine de Caunes a travaillé dans l'édition en tant qu'attachée de presse et éditrice. Elle est l'auteure de L'Involontaire (Stock 1976, réed. Phébus 2015), roman sur l'apprentissage amoureux d'une jeune fille rebelle. Elle a publié et préfacé  Journal d'Irlande, carnets de pêches et d'amour , ouvrage posthume de sa mère Benoîte Groult (Grasset 2018). 
La mère morte (Stock, 2020) a été sélectionné pour le Prix du LÀC 2020 et distingué par le premier Prix des Bienveillantes.
En 2021 elle publie et préface le Journal Amoureux de sa mère Benoîte Groult et de son beau-père Paul Guimard.

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LA MERE MORTE, Stock, janvier 2020 Une mère, âgée mais indépendante, se trompe de jour, de lieu de rendez- vous avec ses filles, achète des objets superflus et coûteux, oublie dans le coffre de sa voiture les fruits de mer bretons, et se lève la nuit, croyant partir pour une destination inconnue.
Cela pourrait être drôle, si ce n’était une maladie mentale due à l’âge, et surtout si cette femme si confuse n’était pas la romancière Benoîte Groult, la mère de l’auteure de ce livre d’une force rare. Benoîte Groult, luttant, jouant avec sa propre fin, mais refusant avec rage de céder à la fatalité et à la vieillesse, elle qui a été une militante de l’association « Pour le droit de mourir dans la dignité ». Voici la femme intime, plus que la femme publique, ici telle qu’on ne la connaît pas, et qui écrivait : « Dans la vie, deux mondes se côtoient : celui des gens qui vont vivre et celui des gens qui vont mourir. Ils se croisent sans se voir. »
Benoîte s’éteint en juin 2016 à Hyères, à 96 ans. Écrivaine comblée, mère et grand-mère heureuse, femme de combats remportés. Mais ce que ce livre raconte, ce n’est pas juste le deuil hélas ! prévisible d’une mère admirée et aimée, mais un double deuil : voici le terrible sens du titre, La mère morte. « Maman, mon dernier rempart contre la mort. Bientôt, ce sera moi le rempart pour ma fille. » Le 1er avril 2016, la fille de Blandine de Caunes, Violette, 36 ans, meurt dans un banal accident de voiture, laissant orpheline sa fille Zélie. L’ordre du monde est renversé : Benoîte s’accroche à la vie, Blandine sombre, Violette n’est plus »
De Benoîte Groult, sa fille, une figure bien connue de l’édition, a hérité l’humour et la force vitale. Ce livre unique par son sujet n’est pas triste, au contraire. C’est une réconciliation entre trois générations de femmes qui partagent le « même amour forcené pour la vie, toujours plus forte que tout », le credo de Benoîte qu’elle a transmis à sa fille.