BEIGBEDER Frédéric

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Frédéric Beigbeder est auteur de onze romans, dont le célèbre «99 Francs», «Windows on the world» (Prix Interallié, 2003), «Un roman français» (prix Renaudot, 2009) et «L'Homme qui pleure de rire» (2020) ; réalisateur de L'amour dure trois ans (2011), et de L'Idéal (2016, adaptation par l'auteur de son roman «Au secours pardon» ; scénariste de cinq films et documentaires ; critique littéraire au Figaro Magazine ainsi qu'au Masque et la Plume.

Présence au Festival samedi 1er octobre de 14h00 à 15h30
Rencontre de 14h00 à 14h45 tente LAC

©Karine Bauzin

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UN BARRAGE CONTRE L'ATLANTIQUE, Grasset, Janvier 2022
Au hasard d'une galerie de Saint-Jean-de-Luz, Frédéric Beigbeder aperçoit un tableau représentant une cabane, dans une vitrine. Au premier plan, un fauteuil couvert d'un coussin à rayures, devant un bureau d'écrivain avec encrier et carnets, sur une plage curieusement exotique. Cette toile le fait rêver, il l'achète et soudain, il se souvient : la scène représente la pointe du bassin d'Arcachon, le cap Ferret, où vit son ami Benoît Bartherotte. Sans doute fatigué, Frédéric prend cette peinture pour une invitation au voyage. Il va écrire dans cette cabane, sur ce bureau. Face à l'Atlantique qui à chaque instant gagne du terrain, il voit remonter le temps. Par vagues, les phrases envahissent d'abord l'espace mental et la page, réflexions sur l'écriture, la solitude, la quête inlassable d'un élan artistique aussi fugace que le désir, un shoot, un paysage maritime. Puis des éclats du passé reviennent, s'imposent, tels " un mur pour se protéger du présent ". A la suite d'Un roman français, l'histoire se reconstitue, empreinte d'un puissant charme nostalgique : l'enfance entre deux parents divorcés, la permissivité des années 70, l'adolescence, la fête et les flirts, la rencontre avec Laura Smet, en 2004... Temps révolu. La fête est finie. Pour faire échec à la solitude, reste l'amour. Celui des siens, celui que Bartherotte porte à son cap Ferret. Et Beigbeder, ex dandy parisien devenu l'ermite de Guétary , converti à cette passion pour un lieu, raconte comment Bartherotte, " Hemingway en calbute ", s'est lancé dans une bataille folle contre l'inéluctable montée des eaux, déversant envers et contre tous des millions de tonnes de gravats dans la mer. Survivaliste avant la lettre, fou magnifique construisant une digue contre le réchauffement climatique, il réinvente l'utopie et termine le roman en une peinture sublime et impossible, noyée d'eau et de soleil. La foi en la beauté, seule capable de sauver l'humanité. Une expérience de lecture, unique et bouleversante, aiguisée, impitoyable, poétique, et un chemin du personnel à l'universel.